Le ahi ma’a, appélé aussi “four polynésien” ou encore “four tahitien” désigne à la fois l’outil de cuisson et la technique de préparation des aliments. Découvrons ensemble cet aspect de la Polynésie.

Un trou creusé dans la terre

Concrètement, il s’agit d’un trou creusé dans la terre (de 50 à 80 cm de profondeur et 2 mètres de diamètre) au fond duquel on place du bois, des noix de coco sèches, et que l’on recouvre de pierres volcaniques et poreuses.

La chaleur dégagée par le bois qui se consume chauffe les pierres qui deviennent brûlantes. Ces pierres sont alors recouvertes de branchage sur lequel on dispose la nourriture.

Certains aliments délicats (comme le poisson) sont enveloppé dans des feuilles de bananier alors que d’autres (patates douces, ignames ..) sont directement posés sur la paillasse.

On recouvre ensuite le tout de feuilles de bananier, de sacs humides et enfin de terre ou de sable.

Four polynésien – Restaurant le Ficus – Juin 2019

Finalement, : vapeur, feu doux et récipient fermé … le ahi ma’a est ce que l’on appelle un mode de cuisson “à l’étouffée”.

Une cuisson au long cours

La cuisson peut prendre jusqu’à 5 heures … autant dire qu’il faudra être patient ! Cependant cela en vaut la peine car l’ouverture du four tahitien est tout simplement un moment délicieux.

Les odeurs se dégagent rapidement et c’est un réel plaisir de voir tous les mets être déballés les uns après les autres.

Le four polynésien : une tradition dominicale

Synonyme de convivialité et de partage, le ahi ma’a est préparé lors des fêtes, événements et regroupement familiaux.

Certaines sources laissent entendre que les missionnaires ont instaurés le ahi ma’a “du dimanche” : préparé le samedi et ouvert le lendemain pour être servi après l’église ou le temple.

Mais avant cela : une façon de cuire les ennemis vaincus

Il faut se plonger dans les carnets de bord des explorateurs européens du 17e siècle, ou encore dans les journaux des missionnaires des différentes églises pour découvrir un autre aspect de la Polynésie : les sacrifices humains et le cannibalisme.

De nombreux récits relatent les guerres acharnées entre peuplades et leur goût pour la chair humaine. Dévorer les ennemis vaincus semblait être une pratique courante en Océanie et ce, jusqu’au XIXe siècle.

On dévorait les enfants des tribus battues tout d’abord. Cela permettait au vainqueurs de s’assurer de sa supériorité sur le long terme en éradiquant les futurs guerriers. Puis on mangeait les guerriers eux-mêmes, probablement en guise de trophée.

Faits avérés ou mythe ?

Alfred Testard de Marans, vice-président dans les îles Marquises en 1887-1888 dira :

De tout temps, les Marquisiens ont mangé de la chair humaine. La cause première de cette coutume nous est inconnue, peut-être croyaient-ils en cela s’approprier les vertus du défunt. Nous n’en savons rien. Toujours est-il que ce sont les femmes et les enfants que l’on mange le plus souvent. On mangeait auparavant les victimes des sacrifices, les guerriers tués au combat ne subissaient pas le même sort. Aujourd’hui, on est bien revenu de ces cérémonies religieuses : on mange simplement les gens que l’on a assassinés, sans aucune apparence d’offrande à la divinité.

Alfred Testard de Marans, Souvenirs des îles Marquises, Groupe Sud-Est, 1887-1888

Max Radiguet, voyageur et romancier embarqué en 1842 à bord de la frégate française la Reine-blanche raconte :

“C’est aux guerriers que reviennent les yeux. Le cœur est mangé cru, le reste du corps, bardé de feuilles de ti, couché, recouvert de terre, sur un lit de galets rougis au feu, est cuit le premier ou le deuxième jour, mangé le troisième et les jours suivants.”

Max Radiguet – la revue des Deux Mondes – lepoint.fr

De nombreux autres récits, dont celui de la mort du capitaine James Cook à Big Island, en février 1779, atteint d’une lance dans le dos et dont le corps fut en partie dévoré, viennent étayer l’hypothèse du cannibalisme en Polynésie.

C’est, semble t-il, l’arrivée des occidentaux et plus précisément la conversion des populations au christianisme qui mettra fin à cette pratique.

Polynésie, premier pays à abolir la peine de mort

La Polynésie ira encore plus loin dans cette envie d’évolution et de changement.

En 1824, lors d’une assemblée, les chefs abolissent la peine de mort et la remplace par le bannissement, faisant ainsi de la Polynésie le premier pays au monde à abolir ce châtiment.

« Est-ce bien au nom de la Justice de faire que l’homme devienne meurtrier de son frère ? Je ne le pense pas. Je crois donc que nous devons nous en tenir au bannissement du meurtrier .»

Chef Tati lors de l’assemblée de chef – 1824

Le cannibalisme fascine toujours de nos jours

Encore à notre époque, la cannibalisme fascine. En témoignent cette histoire de touriste allemand tué aux îles Marquises en 2011 et qui a défrayée la chronique.

Certains journaux n’hésitant pas à titrer “Un cas de cannibalisme aux îles Marquise”.

De nombreux articles à disposition

J’ai pris plaisir à naviguer sur le web pour découvrir ce nouvel aspect de la Polynésie. Je vous partage quelques uns des articles :

Cet article vous a plu ? découvrez d’autre facettes de la Polynésie comme l’art de danser avec le feu ou encore les danses polynésiennes.

Vous pourriez également aimer :

1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Propriété de Jerevedevoyages.com - Toute utilisation est interdite